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Activité Physique Problématique, la repérer et l’accompagner 

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
4 min de lecture
Activité Physique Problématique, la repérer et l’accompagner 

Votre enfant fait de plus en plus de sport, se met en colère si vous lui demandez de réduire un peu sa pratique ou encore ne s’assoit plus pour faire ses devoirs. 

Vous êtes inquiet, cette fiche est faite pour vous aider à identifier l’activité physique problématique (APP) et pour vous donner des conseils pratiques face à ce symptôme déroutant et souvent socialement valorisé. 



L’activité physique problématique (APP) correspond à une pratique sportive excessive qui n’est pas bénéfique pour la santé et devient rigide, compulsive et coûteuse sur les plans physique, psychologique et social.
Elle est souvent observée dans les troubles des conduites alimentaires, mais peut exister de façon isolée. L’APP devient un instrument pour le contrôle de l’apparence physique via : 

→  Ce n’est pas la performance qui pose problème, mais la perte de flexibilité. 

  • Pratique excessive en durée, fréquence ou intensité 
  • Incapacité à réduire ou arrêter malgré les conséquences 
  • Priorité donnée au sport au détriment de la santé, de l’école, du travail ou des relations amicales et familiales 

L’APP s’accompagne souvent de postures corporelles de contrôle appelées gainage avec hypertonicité, rigidité corporelle, tension permanente, difficulté à se détendre ou à se reposer.

Exemple : le jeune reste debout, s’assoit uniquement en bout de chaise… 

La pratique devient compulsive, automatique, peu connectée aux sensations internes.

Des pensées envahissantes apparaissent : « Je dois bouger », « Je ne peux pas rester sans rien faire », « Je dois compenser ».



L’APP remplit des fonctions psychologiques importantes, ce qui explique la résistance au changement rencontrée quand on travaille sur ce symptôme. L’APP devient, à court terme, un outil de contrôle de la silhouette et de régulation émotionnelle. 

  • Volonté de modifier ou maintenir une certaine silhouette 
  • Recherche d’un corps conforme à des normes internes ou sociales
  • Peur intense de la prise de poids ou du relâchement corporel
  • Peur de l’apparence du corps dans certaines postures (ex : gêne en position assise liée à la dysmorphophobie).
  • Utilisation du sport comme moyen de compensation 
  • Lien direct entre alimentation et activité physique 
  • Augmentation de l’activité après les repas ou en cas de culpabilité
  • Diminution temporaire de l’anxiété 
  • Canalisation de la colère ou de la tristesse 
  • Évitement des pensées envahissantes 
  • Sentiment d’apaisement (total ou partiel)


L’objectif n’est pas l’arrêt brutal de l’APP (sauf situation rare d’urgence vitale en contexte de dénutrition extrême), mais la réintroduction de choix, de plaisir, de souplesse, de convivialité et de conscience. Les professionnels de santé peuvent aider les personnes qui souffrent d’APP à travers la mise en place d’outils de régulation de l’APP : 

Psychoéducation– Identifier le cercle vicieux de l’APP 

– Différencier activité physique normale / activité physique problématique, compulsive 

– Expliquer les résistances au changement → Reconnaître et comprendre qu’il y a un problème = première étape du changement
Auto-observation– Mise en place d’outils simples. Objectif : repérer les automatisme
Stratégies alternatives– Développer d’autres moyens de régulation émotionnelle : respiration, balles anti-stress, écriture, musique, activités créatives, activités relationnelles
Contrats– Introduire des temps de repos protégés sans APP 

– Proposer des activités physiques “douces” accompagnées 

– Introduire du jeu partagé impliquant le corps 

– Prévoir des renforçateurs (valorisation des efforts et progrès) → Le contrat sécurise et aide à diminuer progressivement l’APP
Compensations– Travail sur le lien sport / alimentation 
– Travail sur la tolérance à l’inconfort 
– Travail sur la culpabilité
→ Objectif : rompre l’association automatique “manger = bouger”
Activité physique adaptée– Favoriser la prise de conscience de l’activité physique
– Transmettre les règles de bonnes pratiques 
– Mobiliser les groupes musculaires de manière adaptée et progressive 
– Promouvoir le plaisir via des activités collectives ou coopératives


Les parents ont un rôle essentiel de contenance, en partenariat avec les professionnels de santé ; ils contribuent à mettre en place un cadre bienveillant. 

Psychoéducation– Comprendre que l’APP n’est pas un “caprice” 
– Identifier ses fonctions psychologiques 
– Se déculpabiliser → L’APP est un symptôme, pas une opposition
ObservationÊtre attentif à : 
– l’augmentation progressive de la pratique 
– l’irritabilité lors des empêchements 
au sport pratiqué en cachette 
– l’épuisement physique → Observer sans espionner
Ne pas être dupe– Discours parfois très rationnel (« c’est pour ma santé ») 
– Minimisation ou négociation possible 
– Excès souvent banalisé → Se fier aux signaux cliniques, pas uniquement aux paroles
Outils éducatifs– Poser un cadre clair et cohérent 
– Maintenir les temps de repos 
– Valoriser le jeune en dehors de la performance 
– Travailler en lien avec les professionnels (psychologue, pédopsychiatre, pédiatre, infirmier, éducateur spécialisé, enseignant en activité physique adaptée…) → Le cadre est protecteur, soutenant, pas punitif

Pour aller plus loin, vous pouvez lire les fiches suivantes : 

Consultez nos autres fiches ici

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Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).