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Aider son enfant à connaître son corps et poser ses limites (3–6 ans)

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
7 min de lecture
Aider son enfant à connaître son corps et poser ses limites (3–6 ans)


Entre 3 et 6 ans, les enfants découvrent leur corps, les autres et les règles de vie en société. C’est une période importante pour poser des bases simples autour du respect de soi et des autres.

Parler avec son enfant de son corps et de ce qu’il peut accepter ou non peut parfois sembler délicat. Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’aborder des choses compliquées ou inquiétantes, mais plutôt de lui transmettre des repères simples et adaptés à son âge.

Cette fiche propose des pistes concrètes pour accompagner votre enfant, répondre à ses questions et l’aider à savoir qu’il peut toujours venir vous parler.



À cet âge, les enfants sont curieux et posent beaucoup de questions sur leur corps et celui des autres. Ils apprennent aussi progressivement les règles de vie en société : ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, ce qui est permis ou non.

C’est donc un moment particulièrement adapté pour lui apprendre que son corps lui appartient, qu’il peut poser des limites et qu’il doit aussi respecter celles des autres.

Parler de ces sujets tôt permet à l’enfant de mieux comprendre ce qu’il vit, de se sentir en sécurité et de savoir qu’il peut en parler avec un adulte de confiance.

Il ne s’agit pas d’inquiéter l’enfant, mais de lui donner des outils simples pour se repérer et se protéger au quotidien.



Votre enfant peut comprendre que son corps est à lui. Cela signifie qu’il a le droit de décider pour son corps dans les situations du quotidien. Par exemple, il peut refuser un bisou, un câlin ou un jeu qui ne lui plaît pas, en particulier quand il s’agit de personnes qu’il ne connaît pas ou peu, des adultes ou des enfants. Vous pouvez lui dire, avec des mots simples : « Ton corps est à toi », « Tu as le droit de dire non si tu n’as pas envie »

Il est aussi important de respecter vous-même ses refus lorsque cela est possible. Cela lui montre qu’il peut exprimer ses limites et qu’elles sont entendues.

Votre enfant peut apprendre que certaines parties de son corps sont intimes ( c’est-à-dire n’appartiennent qu’à soi). Vous pouvez lui expliquer que les parties couvertes par les sous-vêtements sont privées. Cela signifie qu’elles ne sont pas faites pour être montrées ou touchées par d’autres personnes.

Vous pouvez utiliser des mots simples et précis pour nommer ces parties du corps mais aussi des petits noms utilisés par votre famille. Cela aide votre enfant à mieux comprendre et à pouvoir en parler s’il en a besoin.

Il est aussi important de lui expliquer qu’il existe des exceptions, par exemple pour les soins, l’hygiène ou certains examens médicaux. Dans ces situations, l’adulte doit expliquer ce qu’il fait et pourquoi il le fait.

Votre enfant peut apprendre qu’il a le droit de dire stop lorsqu’une situation ne lui convient pas. Vous pouvez lui expliquer qu’il peut utiliser des mots simples, comme : « stop », « arrête », « je ne veux pas ». Il n’a pas besoin d’avoir une “bonne raison” pour dire stop : le fait de ne pas être à l’aise suffit.

Vous pouvez aussi lui montrer qu’il a le droit de s’éloigner d’une situation qui le met mal à l’aise, même si l’autre personne insiste.

Enfin, il est important qu’il sache qu’il peut venir vous en parler, ou en parler à un autre adulte de confiance. Vous pouvez lui dire, par exemple :  « Si quelque chose ne te plaît pas, te surprend ou te fait peur, tu peux dire stop, t’éloigner et venir me le dire. »

Certains surprises sont agréables et impliquent parfois d’agir en secret. , en général  les secrets sont souvent inquiétants et peuvent rendre tristes.. Vous pouvez lui expliquer qu’un secret qui le rend triste, inquiet ou gêné doit toujours être partagé avec un adulte de confiance. Vous pouvez aussi lui dire qu’un adulte ne doit jamais lui demander de garder un secret juste entre eux deux. Cela l’aide à comprendre qu’il peut toujours parler, trouver des solutions et résoudre des problèmes qu’il a dans sa tête simplement

Parler de ces sujets ne nécessite pas de faire une “grande discussion”. Les échanges les plus simples et les plus naturels sont souvent les plus efficaces. Vous pouvez vous appuyer sur des moments du quotidien, comme le bain, l’habillage, un moment de jeu ou la lecture d’une histoire. Ces situations sont des occasions naturelles pour aborder le corps, les limites et le respect.

Par exemple, lors du bain ou en s’habillant, vous pouvez nommer les différentes parties du corps et rappeler simplement que certaines sont intimes. Lors d’un jeu ou d’une interaction, vous pouvez évoquer le fait de demander avant de toucher l’autre ou de respecter un refus. Ces situations sont aussi l’occasion de montrer à votre enfant qu’il n’est pas obligé d’accepter un bisou, un câlin ou une autre marque d’affection s’il n’en a pas envie.

Les jeunes enfants peuvent également être curieux du corps des autres. Il n’est pas rare que des jeux impliquant l’exploration du corps apparaissent entre enfants du même âge. Ces situations sont l’occasion de rappeler calmement les règles d’intimité, de respect mutuel et l’importance de demander l’accord de l’autre.

Ces petits moments permettent de faire passer des messages simples, sans avoir besoin d’en faire un sujet à part. Il est aussi utile d’y revenir régulièrement. La répétition aide votre enfant à intégrer progressivement ces repères.

Enfin, votre enfant a besoin de sentir qu’il peut vous parler librement. Accueillir ses questions sans gêne l’encourage à se tourner vers vous s’il en a besoin

Ces petits moments permettent de faire passer des messages simples, sans avoir besoin d’en faire un sujet à part. Il est aussi utile d’y revenir régulièrement. La répétition aide votre enfant à intégrer progressivement ces repères.

Enfin, votre enfant a besoin de sentir qu’il peut vous parler librement. Accueillir ses questions sans gêne l’encourage à se tourner vers vous s’il en a besoin.

Ce qu’il vaut mieux éviter :
– Utiliser des mots ou des explications qui peuvent faire peur
– Donner trop de détails qui ne sont pas adaptés à son âge
– Ne pas parler de  ce sujet avec son enfant en imaginant que cela va le géné ou le mettre mal à l’aise (c’est souvent l’adulte qui est plus mal à l’aise que votre enfant)  
– Aborder ces questions uniquement lors d’une “grande discussion” plutôt qu’au fil du quotidien (plusieurs petites discussions valent mieux qu’une seule discussion)
– Insister ou questionner votre enfant de manière trop appuyée dans n’importe quelle situation qui vous fait peur. Il y a une différence entre être prudent et inquiéter son enfant. 
—> L’important est de rester simple, rassurant et à l’écoute de votre enfant.
💡À retenir : 3 idées clés

1. Votre enfant peut comprendre des repères simples dès la maternelle.
Il peut apprendre que son corps lui appartient et qu’il a le droit de poser ses limites.

2. Les messages les plus efficaces passent par des situations du quotidien.
De petits échanges simples et répétés sont plus aidants qu’une grande discussion.

3. Votre rôle est de lui donner des repères clairs et rassurants.
Des mots simples, une écoute disponible et le respect de ses limites l’aident à se sentir en sécurité et à s’exprimer.

Consultez nos autres fiches et vidéos ici.

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Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).

Relecteur

R
Richard DELORME
Chef du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Psychiatre