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Mon enfant bégaie : comment l’aider 

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
5 min de lecture
Mon enfant bégaie : comment l’aider 

Vous trouverez dans cette fiche des conseils et recommandations que vous pouvez mettre en place à la maison pour aider votre enfant qui bégaie, afin d’améliorer les échanges et la communication avec lui et de réduire les conséquences du bégaiement sur son bien-être. 

Comme chaque enfant est différent, chaque bégaiement l’est aussi. Tous les conseils suivants ne conviendront donc pas forcément à tout le monde. Appliquez ceux qui vous semblent aider votre enfant.  

L’essentiel est de rester spontané et naturel dans les interactions avec votre enfant. 

⚠️ Le bégaiement n’est ni un manque de volonté de l’enfant ni lié à un manque ou à une erreur d’éducation.  Le bégaiement peut parfois être un phénomène normal et transitoire et ne pas nécessiter une prise en soin spécialisée.  

Pour mieux comprendre le bégaiement et en quoi il consiste, nous vous recommandons de consulter la fiche suivante : mettre lien vers FICHE « DEFINITION BEGAIEMENT ». Elle vous expliquera comment différencier : 

  • Le bégaiement « physiologique » caractérisé par des hésitations ou des répétitions normales dans la parole (dites « disfluences normales ») et qui peuvent survenir pendant dans le développement du langage de l’enfant. 
  • Et le bégaiement persistant, qu’on désigne sous le nom de « bégaiement développemental » et qui peut nécessiter une évaluation et un accompagnement spécialisés par un(e) orthophoniste. Un accompagnement par un(e) psychologue formée aux TCC (thérapies cognitivo-comportementales) peut également être bénéfique si vous observez chez votre enfant certains signes associés au bégaiement : anxiété, mal-être, difficultés émotionnelles ou baisse de l’estime de soi. 

Cette fiche pourra vous être utile pour aider votre enfant, qu’il s’agisse de bégaiement « physiologique » ou de bégaiement développemental. 



Maintenez le contact visuel avec votre enfant, en vous mettant à sa hauteur quand vous lui parlez, ou réalisez un contact physique, par exemple en posant votre main sur son épaule. 

Ralentissez légèrement votre propre débit de parole et marquez des pauses. 

Restez détendusspontanés et naturels dans vos échanges. 

Instaurez des tours de parole pour garantir à votre enfant un temps pour s’exprimer. 

Concentrez-vous sur le message que l’enfant souhaite transmettre (le fond) plutôt que sur la manière dont il l’exprime (la forme). Ne le faites pas répéter pour qu’il corrige sa parole, si vous avez compris ce qu’il vous dit. Il est plus important de maintenir la communication.  

Si besoin, reformulez son propos en l’intégrant dans votre réponse. Par exemple, s’il dit ; « Je veux faire un puz-puz-puz-puzzle », vous pouvez répondre : « Ah tu veux faire un puzzle. C’est une super idée ! ». 

Montrez à votre enfant que ce qu’il dit vous intéresse : hochez la tête, gardez un visage souriant, acquiescez, rebondissez sur ses propos… 

Ajustez vos questions lorsque le bégaiement de votre enfant gêne trop son expression : posez une question à la fois et évitez celles qui attendent une réponse longue ou complexe. Privilégiez des questions simples, auxquelles il peut répondre par oui/non ou proposez des choix courts (ex : « tu préfères chocolat ou vanille ? »). Lorsque vous sentez que parler est particulièrement difficile pour lui, vous pouvez aussi amorcer sa phrase (par exemple : « aujourd’hui à l’école, tu as fait… ») afin de faciliter sa prise de parole. 



Mettez des mots sur le bégaiement en le nommant et en l’expliquant de manière neutre. Par exemple : « Oh il y a eu une petite bosse dans ta parole, comme une grenouille qui saute : ça s’appelle du bégaiement ». Éviter d’en parler ou en faire un sujet tabou peut renforcer le sentiment de honte et rendre la parole plus difficile pour l’enfant. 

Normalisez et dédramatisez les « accidents de parole » pour déconstruire l’image d’une parole parfaite et apaiser votre enfant. Par exemple : « Ce n’est pas grave si tu butes sur le mot ! Moi aussi parfois ça m’arrive de buter sur certains mots ». 

Questionnez votre enfant sur ses difficultés de parole et sur ses émotions : « Je vois qu’il est difficile à dire ce mot », « Tu te sens comment ? ». N’hésitez pas à valider son ressenti et ses émotions, mêmes négatives : « Je vois que ça t’embête, et tu as raison c’est embêtant parfois ». 

Aidez votre enfant à sortir de la « lutte » contre le bégaiement en lui demandant ce qui l’aidele plus : « Tu préfères que je t’aide à dire le mot ou que je te laisse finir ta phrase ? ». Si votre enfant est d’accord pour être aidé, vous pouvez par exemple prolonger le son sur lequel il bloque (ex : « La f… f… f… » devient « La ffff… fille ! »). Lorsqu’il est en grande difficulté pour produire un mot, vous pouvez aussi le lui proposer sur un ton interrogatif (ex : « Tu veux dire la fille ? »).  

Valorisez les efforts et les réussites de votre enfant par des compliments aussi souvent que possible, tout en restant sincère. Ceci aide à renforcer sa confiance en ses capacités de communication. 

Prévoyez des temps pour jouer avec la parole et le bégaiement: il s’agit de moments ludiques pendant lesquels vous pouvez vous amuser avec votre enfant à faire varier le volume de la voix (parler fort, chuchoter), la vitesse (ralentir, accélérer), la hauteur (voix grave, voix aiguë) ou l’intonation, et même parfois la fluidité, en bégayant volontairement. Cela permet à l’enfant d’aborder le bégaiement avec plus de légèreté et de considérer la fluidité comme un composant de la parole, tout en partageant avec vous un moment de complicité. 

Prenez en considération ce qui peut augmenter le bégaiement pour essayer de le réguler : la fatigue, les émotions (excitation, peur), ou encore la pression temporelle (ex : « Dis-moi ce que tu veux, mais rapidement parce que je dois y aller »). Veillez également à la qualité du sommeil de votre enfant en favorisant un environnement calme, une lumière tamisée, un rituel du coucher et des horaires réguliers, tout en évitant les écrans le soir. 

Repérez les éventuels signes d’évitement, par exemple si votre enfant ne veut plus dire certains sons ou certains mots, parler dans certaines situations, etc. Ce sera un point important à aborder lors de son accompagnement orthophonique ou psychologique. 

Incluez l’entourage en sensibilisant l’enseignant(e) de votre enfant (lui transmettre des conseils et prévenir d’éventuelles moqueries de la part des autres enfants), et si besoin la fratrie et le reste de la famille, notamment pour respecter le tour de parole de chacun. 



Certains comportements peuvent paraître pertinents sur l’instant mais ne sont pas optimaux pour aider votre enfant. Aussi, nous vous recommandons d’éviter : 

  • les phrases du type « calme-toi, respire » ou « ralentis, réfléchis à ta phrase avant de parler, articule bien ». 
  • les exigences trop élevées ou de donner des conseils sur la manière dont votre enfant devrait parler. 
  • de demander à l’enfant de répéter si vous avez compris ce qu’il voulait dire, simplement pour lui faire corriger sa phrase ou sa prononciation et entendre une parole fluide. 
  • de trop insister sur le bégaiement ou de s’en moquer. 
  • d’interrompre l’enfant ou de terminer ses phrases à sa place sans lui avoir demandé auparavant si cela l’aidait. 
  • d’enchaîner les questions ou les longs échanges sans donner à votre enfant une place suffisante dans l’interaction. 

Des ressources pour obtenir davantage d’informations sur les manières d’aider votre enfant :  

Le livre Aider son enfant à parler et à communiquer (V. Aumont-Boucand, E. Vincent) 

Le site de l’association Parole Bégaiement 

Des ressources pour évoquer le bégaiement avec votre enfant :  

Le livre Les Jolies Bosses (S. Hervé, P. Gay) 

L’album Je parle comme une rivière (J. Scott, S. Smith) 

Consultez nos autres fiches et vidéos ici.

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Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).

Relecteurs

D
Driss HAMADOUCHE
Psychiatre
H
Hélène PONCET-KALIFA
Psychologue