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Mon enfant bégaie : mieux comprendre de quoi il s’agit 

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
5 min de lecture
Mon enfant bégaie : mieux comprendre de quoi il s’agit 


Le bégaiement se caractérise par des perturbations de la fluidité et du rythme de la parole.  

Ces perturbations, aussi appelées « disfluences », peuvent prendre différentes formes :  

  • hésitationsinterjections (« euh » par exemple) ou reprises d’énoncé 
  • répétitions de syllabes, de mots ou de groupes de mots 
  • blocages 
  • prolongations de sons 

Ces manifestations peuvent aussi varier dans le temps. C’est-à-dire qu’elles peuvent fluctuer, disparaître un certain temps (parfois des mois) puis revenir. Souvent, elles sont davantage présentes dans certaines situations : 

  • fatigue 
  • émotion : excitation, colère, anxiété…  
  • situations de parole particulières : en public, face à une personne qui intimide l’enfant, quand l’enfant trouve peu d’occasions de prise de parole dans la fratrie… 

⚠️ Important : Le bégaiement n’est ni un manque de volonté de l’enfant ni lié à un manque ou à une erreur d’éducation. 

⚠️ Important : Ces disfluences peuvent être un phénomène normal et transitoire, donc tout « bégaiement » ne  nécessite pas une prise en soin spécialisée. La suite de cette fiche vous expliquera comment différencier :
Les disfluences normales et transitoires de l’enfant, communément appelées « bégaiement physiologique »  Et le bégaiement persistant, qu’on désigne sous le nom de « bégaiement développemental ».


Pendant le développement du langage de l’enfant, il est relativement fréquent d’observer (chez 5 à 10% des enfants) une période transitoire durant laquelle la fluidité de la parole est perturbée. On appelle cela communément le bégaiement physiologique, ou plus précisément, des disfluences normales de la parole. 

Ces disfluences apparaissent le plus souvent entre 2 et 5 ans, période durant laquelle le langage se développe rapidement. Le vocabulaire de l’enfant augmente considérablement : le stock lexical passe d’environ 250 à 2500 mots en moyenne. En parallèle la syntaxe évolue : l’enfant passe progressivement de combinaisons simples de mots à des phrases complexes et organisées. Il doit alors mobiliser simultanément plusieurs compétences nouvelles, ce qui peut entraîner des disfluences temporaires dans sa parole. 

Ces manifestations sont donc généralement liées au développement normal du langage et ne relèvent pas nécessairement d’un trouble durable

Ce bégaiement physiologique diminue puis disparait chez la majorité des enfants concernés. En effet, les disfluences peuvent fluctuer pendant plusieurs semaines ou quelques mois avant de disparaître progressivement chez 3 enfants sur 4.  

Vous pouvez toutefois mettre en place des stratégies pendant cette période pour soutenir le développement langagier de votre enfant, sa communication et son bien-être : mettre lien vers FICHE 2 « CONSEILS BEGAIEMENT » 



Une vigilance particulière est recommandée lorsque : 

  • les manifestations du bégaiement augmentent ou persistent depuis plus de 6 mois 
  • des tensions corporelles et une notion d’effort apparaissent pendant la parole (ex : yeux qui se ferment, visage qui se crispe) 
  • l’enfant manifeste une gêne, une frustration ou dévalorise ses capacités de communication 
  • il se replie sur lui-même ou évite certains mots ou certaines situations de parole 
  • des antécédents familiaux de bégaiement existent 

Si un ou plusieurs de ces signes sont présentsil peut s’agir d’un bégaiement développemental persistant dans l’enfance, l’adolescence et à l’âge adulte. Une consultation chez un orthophoniste est alors conseillée

Un accompagnement par un(e) psychologue formé(e) aux TCC (thérapies cognitivo-comportementales) peut également être bénéfique si vous observez chez votre enfant certains signes associés au bégaiement : anxiété, mal-être, difficultés émotionnelles ou baisse de l’estime de soi. 



Le bégaiement développemental fait partie des troubles du neurodéveloppement (TND) au même titre que le trouble développemental du langage, la dyslexie-dysorthographie ou encore le TDAH. Le bégaiement peut d’ailleurs coexister avec d’autres TND. 

Le bégaiement développemental se caractérise par une instabilité du système moteur de la parole. L’acte de la parole est une tâche complexe qui nécessite de pouvoir combiner et équilibrer plusieurs compétences entre elles : la production des sons et la gestion des aspects moteurs des organes de la parole, la maîtrise du langage (vocabulaire, syntaxe), l’organisation de ses idées, l’adaptation du discours à son interlocuteur et au contexte social… Si cet équilibre est instable ou perturbé, cela peut se manifester par un bégaiement entraînant des difficultés à transmettre l’information verbale de façon fluide et rapide.  

Ces difficultés peuvent impacter la communication, la sociabilisation et le bien-être de l’enfant.  

Il peut arriver que le bégaiement apparaisse à la préadolescence. A cet âge-là, la vitesse de la parole augmente naturellement. Certains enfants rencontrent alors davantage de difficultés à équilibrer leur système moteur de parole.  

Le bégaiement est aussi souvent associé à une hyperréactivité émotionnelle chez l’enfant : c’est-à-dire des réactions fortes et souvent disproportionnées face à la frustration, avec des difficultés à s’apaiser et à réguler ses émotions.  

Les études montrent une héritabilité élevée, mais la plupart des cas s’expliquent par de multiples gènes à petits effets plutôt que par une seule mutation causale. 

⚠️ Important : si le bégaiement est persistant, il n’est pas pour autant figé dans le temps. Il est possible à la fois de modifier et réduire ses manifestations et de diminuer la gêne et les impacts potentiels sur la communication et la qualité de vie de votre enfant. 


Un bilan orthophonique ainsi qu’une prise en soin du bégaiement permettront : 

  • de réduire la lutte et l’inconfort de votre enfant (tensions, pensées négatives, évitements).  
  • d’accompagner votre enfant vers une parole plus confortable et vers davantage de plaisir à communiquer. 
  • d’acquérir des connaissances sur le bégaiement et sur les manières d’aider votre enfant. 

Il existe plusieurs approches pour prendre en soin le bégaiement : programme PCI (Parent Child Interaction), programme des demandes et des capacités, programme Lidcombe… L’évaluation orthophonique permettra de déterminer l’approche qui vous convient le plus. 

Comme dit plus haut, un accompagnement par un(e) psychologue formé(e) aux TCC peut également être bénéfique si vous observez chez votre enfant certains signes associés au bégaiement : anxiété, mal-être, difficultés émotionnelles ou baisse de l’estime de soi. 

En attendant une consultation, vous pouvez consulter notre fiche Clépsy réunissant différents conseils et stratégies pour aider votre enfant qui bégaie : mettre lien vers FICHE 2 « CONSEILS BEGAIEMENT » 

Vous trouverez des informations complémentaires concernant le bégaiement sur le site internet de l’Association Parole Bégaiement

Il existe également un annuaire en ligne des orthophonistes formées à la prise en soin du bégaiement 

Consultez nos autres fiches et vidéos ici.

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Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).

Relecteurs

D
Driss HAMADOUCHE
Psychiatre
H
Hélène PONCET-KALIFA
Psychologue