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Faire coopérer son enfant sans chantage (1–3 ans) 

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
6 min de lecture
Faire coopérer son enfant sans chantage (1–3 ans) 

Votre enfant s’oppose à vous, refuse parfois d’écouter vos demandes. Quand on a 1 à 3 ans, c’est normal. Comment faire cependant pour que votre enfant apprenne à écouter les demandes des parents. 

Ce que vous pouvez faire pour que votre enfant écoute mieux les consignes que vous lui donnez ou les demandes que vous avez :



Dites clairement à votre enfant ce que vous attendez de lui. 

Par exemple :

  • « On met les jouets dans la boîte. »
  • « C’est l’heure de venir à table. »
  • « On marche dans la maison. »

Astuce : si la consigne est difficile, vous pouvez la découper en petites étapes.
Par exemple : « D’abord ton t-shirt, puis ton pantalon, puis tes chaussettes. »

Quelques mots suffisent souvent pour aider votre enfant à comprendre.

Par exemple :

  • « On range les jouets pour ne pas marcher dessus. »
  • « On ne tape pas, ça fait mal. »

Les choix donnent à votre enfant un sentiment de contrôle et facilitent la coopération.

Par exemple :

  • « Tu veux ranger d’abord la voiture ou le puzzle ? »
  • « Tu veux mettre le pyjama bleu ou le vert ? »

Astuce :  Limiter le nombre de choix aide l’enfant à décider plus facilement.

Les routines rassurent beaucoup les jeunes enfants et les aident à coopérer.

Exemple de routine du soir :

  1. On range les jouets
  2. On prend le bain
  3. On met le pyjama
  4. On lit une histoire
  5. On va dormir

Astuce :  Vous pouvez rappeler à votre enfant ce qui va se passer : « Après le bain, on met le pyjama. ». Quand les étapes sont prévisibles et répétées, l’enfant s’oppose souvent moins.

Le jeu et l’humour aident beaucoup votre enfant à coopérer avec vous

Par exemple :

Pour que votre enfant s’habille: 

  • « On s’habille avant que la chanson soit finie ! »
  • « Où se cache ton bras ? Il va sortir par la manche ! »
  • « Attention, le pantalon va attraper tes jambes ! »

Le jeu permet de transformer une consigne en moment agréable.

Parfois, votre enfant n’est pas disponible pour coopérer parce qu’il est fatigué, frustré ou en colère.

Vous pouvez l’aider en mettant des mots sur ce qu’il ressent :

  • « Je vois que tu n’as pas envie d’arrêter de jouer. »
  • « Ce n’est pas facile de s’arrêter quand on s’amuse. »

Se sentir compris aide souvent l’enfant à mieux coopérer ensuite.

Privilégier les demandes lorsque vous sentez que votre enfant est disponible pour les entendre : durant le goûter par exemple (après le goûter tu va m’aider à ranger ta chambre) ou dans le bain (je suis fier de toi). J’aimerai que tu m’aides après le bain pour t’habiller tout seul comme un grand-e.



Beaucoup de parents utilisent le chantage sans vraiment s’en rendre compte. Cela arrive souvent dans des moments du quotidien où l’on est fatigué, pressé ou à court de solutions pour faire coopérer son enfant.

Avec un enfant de 1 à 3 ans, certaines situations peuvent vite devenir difficiles : s’habiller le matin, ranger les jouets, venir à table ou quitter le parc. Quand l’enfant refuse ou tarde à obéir, il est tentant de dire des phrases comme :
« Si tu ne viens pas, je pars sans toi » ou « Si tu ne manges pas, tu n’auras pas de dessert ».

Ces phrases sont souvent dites dans l’urgence, simplement pour que la situation se règle plus vite. La plupart du temps, les parents ne cherchent pas à faire du chantage : ils essaient surtout de gérer une situation compliquée avec les moyens du moment.

1- En situation de chantage, votre enfant peut agir par peur de vous perdre plutôt que par compréhension. L’enfant a qui ont dit « Si tu n’es pas habillé, je pars sans toi » peut croire que son parent va réellement partir. « Si tu ne manges pas ces légumes, je ne vais plus t’aimer ». Il peut alors obéir par peur d’être laissé seul, plutôt que parce qu’il a compris qu’il est l’heure de s’habiller pour ne pas être en retard. 

2- En situation de chantage, votre enfant peut se sentir menacé par des violences verbales ou physiques. Les menaces ou les phrases qui touchent à la relation (par exemple : « si tu continues, tu vas te prendre une tappe ») peuvent créer de la confusion ou de l’anxiété.

3- En situation de chantage votre enfant peut s’habituer à faire les choses uniquement pour obtenir quelque chose, plutôt que pour coopérer ou comprendre la règle. (par exemple : « si tu es sage, je te donne un gateau»).

Attention,  si votre enfant apprend que le chantage permet d’obtenir ce que l’on veut, ils peuvent utiliser la même stratégie avec les adultes ou avec d’autres enfants. Par exemple : « Si tu ne joues pas avec moi, je ne suis plus ton ami. »

Mise en pratique avec des situations du quotidien

Situation Au lieu de dire : Dites plutôt : 
Au moment de partir de la maisonSi tu ne mets pas tes chaussures, je pars sans toi.C’est l’heure de mettre les chaussures. Tu veux les mettre sur la marche ou sur le tapis ?
Au moment de rangerSi tu ne ranges pas, je jette les jouets.On range les jouets dans la boîte. On peut aussi rendre le moment plus ludique :On range les voitures ensemble.  On voit si on peut tout ranger avant que je compte jusqu’à dix. 
Au moment du repasSi tu ne manges pas, tu n’auras pas de dessert.Tu peux goûter, et tu verras si tu aimes. 
Au moment de quitter le parcSi tu ne viens pas, on ne reviendra plus au parc. Encore deux glissades et on rentre à la maison.
💡À retenir : 
1. Les tout-petits apprennent progressivement
Ils ont besoin de répétition et de routines pour comprendre et respecter les règles.

2. Les menaces et les récompenses ne sont pas nécessaires pour coopérer
Des consignes simples, des choix limités et un cadre clair sont souvent plus efficaces.

3. Le calme et la constance du parent font la différence
Même si l’enfant ne coopère pas tout de suite, répéter les règles calmement l’aide à les intégrer avec le temps.
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Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).

Relecteur

R
Richard DELORME
Chef du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Psychiatre

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