Mon enfant va passer un test de QI, à quoi cela sert-il et comment va-t-il se dérouler ?

Rédigé par Angéline Charmet, Valérie Chaput (psychologues), Rosalie Delille, Marie-Alix Noel (neuropsychologues), Dr Anna Maruani, Dr Valérie Vantalon (pédopsychiatres)

Fiches pour tous
  • Dans quelles situations un test de QI peut être demandé ? 

L’évaluation du fonctionnement intellectuel, ou du quotient intellectuel (QI) permet d’identifier les forces et les fragilités cognitives de votre enfant en comparant ses performances aux enfants du même âge. Le bilan peut être proposé par exemple si votre enfant présente des difficultés attentionnelles ou langagières, des difficultés dans les apprentissages scolaires ou s’il semble s’ennuyer à l’école.

Les résultats – accompagnés d’autres informations cliniques ou scolaires par exemple – permettront éventuellement d’adapter sa scolarité ou de proposer des prises en charge (orthophonie, psychomotricité, psychologue, ergothérapeute…) selon les besoins identifiés.

La demande peut émaner des enseignants mais pas seulement. Vous pouvez vous aussi être à l’origine de cette initiative. N’hésitez pas à consulter un psychologue qui pourra déterminer si la passation d’un test de QI est indiquée. La passation d’un test de QI ne nécessite pas de prescription médicale.

 

  • Quels sont les domaines cognitifs évalués ?

 

  • Comment se déroule un test de QI ?

L’évaluation est faite par un psychologue. Il peut s’agir d’un psychologue scolaire, d’un psychologue ou neuropsychologue en cabinet libéral, en centre hospitalier ou dans différentes structures comme les CMP (Centre médico-psychologique), CMPP (centre médico-psycho-pédagogique), CAMSP (Centre d’action médico-sociale précoce)…

Le bilan psychométrique va habituellement comporter trois étapes :

  • Un temps d’échange initial: le psychologue va reprendre avec vous l’histoire développementale de votre enfant , ses antécédents personnels et médicaux, des informations sur son environnement, ainsi que sur ce qui motive la passation du bilan psychométrique.
  • La passation des épreuves: au moyen d’un outil standardisé choisi en fonction de l’âge de l’enfant (voir Figure 1) et de son profil. Il doit normalement être réalisé en une seule séance, d’une durée d’environ 1h30. Le psychologue proposera à votre enfant différents exercices. Son comportement sera également attentivement observé  à la recherche de signes d’anxiété, d’impulsivité, d’une distractibilité, d’une fatigabilité, d’une inhibition ou encore d’une tristesse de l’humeur. Le psychologue notera aussi si votre enfant à besoin de temps supplémentaire pour répondre correctement aux questions, s’il semble peu sûr de lui, préfère-t-il ne rien répondre plutôt que de risquer de se tromper, ou s’il abandonne facilement. Tous ces éléments sont importants à prendre en compte pour l’interprétation des résultats.  
  • La restitution: Le psychologue partagera les résultats de votre enfant avec vous en dégageant les points forts et les points faibles de ce dernier, et vous communiquera par la suite un compte-rendu écrit. Il pourra vous faire part lors de cet entretien de ses préconisations : bilans complémentaires, aménagements ou orientation scolaire, prises en charge spécifiques etc.

 

  • Quels sont les instruments utilisés pour un test de QI ?  

Plusieurs échelles peuvent être utilisées en fonction de l’âge de votre enfant et de ses besoins spécifiques. 

Figure 1 : les différentes échelles en fonction de l’âge de votre enfant.

 

  • Est-ce que le score d’un test de QI est 100% fiable ?

Comme tout test, le test de QI comprend une marge d’erreur. Cela signifie qu’on estime que le résultat exact doit se situer dans un intervalle.

Le test est une mesure des compétences cognitives de votre enfant à un moment donné. Ses résultats peuvent être influencés par différents facteurs  : est-ce que votre enfant porte ses lunettes s’il en a besoin ? est ce qu’il parle couramment le français ? est ce qu’il a été suffisamment attentif et appliqué pour que les résultats soient représentatifs de ses compétences ? était-il en forme le jour ou il a été évalué, ou au contraire particulièrement fatigué ? était-il déprimé, anxieux ou opposant ?

 

  • Est-ce qu’un test de QI peut à lui seul à établir un diagnostic de déficience intellectuelle ?

Non. Le trouble du fonctionnement intellectuel est défini dans le DSM-5 comme un déficit des fonctions intellectuelles (raisonnement, résolution de problèmes, planification, abstraction, jugement, apprentissage scolaire, apprentissage par l’expérience…), qui doit être attesté par l’évaluation clinique et les tests d’intelligence individuels standardisés (test de QI), mais également par un déficit des fonctions adaptatives, soit la capacité à être autonome.

Pour poser un diagnostic de trouble du fonctionnement intellectuel, il faut donc en plus des scores déficitaires au test de QI, que des répercussions sur l’autonomie soient objectivées (qualitativement et à l’aide d’échelles telles que la Vineland).

 

  • Est-ce qu’un test de QI permet de poser un diagnostic de trouble du neurodéveloppement ?

Un test de QI peut être l’occasion pour le psychologue de relever certaines difficultés cognitives, et ainsi révéler des profils cognitifs plus fréquemment associés à certains diagnostics (trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité, trouble du fonctionnement intellectuel, anxiété de performance…). Ces diagnostics devront être confirmés par un médecin psychiatre. Mais le test de QI n’est pas un outil de diagnostic. 

On note par ailleurs que le haut potentiel intellectuel dépisté par un test de QI n’est pas un diagnostic.

 

  • Est-ce que les résultats de mon enfant au test de QI vont rester stables toute sa vie ?

Théoriquement, vos performances cognitives – en comparaison aux autres enfants de la même classe d’âge – restent globalement stables au cours de la vie. Toutefois, il peut varier dans certains cas.

Voici quelques exemples: 

  • Si votre enfant bénéficie d’une rééducation de son trouble orthophonique et que son langage se développe beaucoup, cela peut lui permettre de mieux comprendre les consignes, et de s’appuyer sur la verbalisation pour raisonner, et ainsi entraîner une augmentation de l’indice du QI qui explore les compétences verbales. 
  • Si votre enfant bénéficie d’une rééducation de son trouble en psychomotricité, il pourra obtenir de meilleurs résultats dans les items sollicitant les manipulations par exemple ou l’écriture
  • Si votre enfant bénéficie d’une prise en charge pour la gestion de son stress ou de ses fragilités attentionnelles, ses résultats peuvent s’améliorer par la diminution des fautes d’inattention ou de l’anxiété de performance par exemple.

 

Il est donc très important de ne pas seulement s’intéresser aux résultats chiffrés, mais aussi de bien tenir compte des observations qualitatives, et des facteurs qui peuvent faire varier les résultats de l’enfant. 

 

  • Est-ce qu’on peut refaire un test de QI et si oui combien de temps après le précédent ? 

Il est bien sûr possible de faire plusieurs fois un test de QI, notamment pour évaluer les modifications des compétences de l’enfant au cours du temps. Il convient d’attendre environ au moins 2 ans entre deux tests pour éviter l’effet « test – retest » (lié au fait que l’enfant se souvient des tests) qui pourrait impacter la validité des résultats.

 

  • Est-ce qu’il faut parler avec l’enfant de son score de QI ?

La passation de l’évaluation a demandé à votre enfant des efforts, l’a parfois angoissé et questionné. Il est donc important qu’il ait un retour sur ce qu’il a fait, tout en s’adaptant à son âge et ses capacités de compréhension. Il peut être difficile pour lui de comprendre et interpréter les résultats chiffrés, c’est pourquoi il est souvent plus intéressant de lui expliquer ses résultats en termes de points forts et de points moins forts , de lui expliquer « ce qu’il sait très bien faire » et « ce qui est plus difficile pour lui » et lui préciser qu’il sera soutenu dans ses difficultés. Les enfants peuvent être angoissés par les résultats, et en conclure rapidement qu’ils sont « bêtes » : il est donc important que le psychologue qui l’a évalué le valorise en premier lieu pour qu’il augmente sa confiance en lui, son sentiment de compétence et donc ainsi faciliter la motivation pour les changements.

 

  • Est-ce qu’on doit communiquer les résultats du test de QI aux enseignants ?

Le choix vous revient, il n’y a pas d’obligation. Il est souvent plus pertinent de transmettre à l’enseignant les informations qualitatives concernant les points forts et les points moins forts de l’enfant, plutôt que les résultats chiffrés. Les informations concernant le comportement de l’enfant face aux contraintes, aux difficultés, à la réussite, à l’échec, ainsi que ses capacités de concentration sont également intéressantes pour l’enseignant. Par ailleurs, la psychologue pourra faire des suggestions à l’enseignant pour s’adapter au mieux aux spécificité de l’enfant : donner les consignes à l’écrit plutôt qu’à l’oral, segmenter le travail en petites étapes, le placer plutôt au premier rang, limiter les sources de distraction en l’invitant à bien ranger sa table, lui proposer d’aider un camarade pour l’aider à s’investir et se mobiliser en classe…

Il est en revanche pertinent de transmettre les informations et le compte rendu à la MDPH (Maison des personnes Handicapées) lorsque l’accompagnement par un.e Assistant.te d’Élèves en Situation de Handicap (AESH, anciennement AVS) est nécessaire.

Partager la fiche
Articles similaires

Ce site ne remplace en rien un avis médical. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.