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Qui fait quoi dans la prise en charge d’un enfant avec un TCA ? 

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
7 min de lecture
Qui fait quoi dans la prise en charge d’un enfant avec un TCA ? 

Lorsqu’un enfant présente un trouble des conduites alimentaires (TCA) — anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique, ARFID… plusieurs professionnels peuvent intervenir. 

L’objectif de cette fiche est de vous aider à comprendre le rôle de chacun afin de mieux accompagner votre enfant et faciliter son parcours de soins



  • Repérer précocement les signes d’alerte
  • Poser le diagnostic ou le suspecter
  • Assurer le suivi médical et la surveillance de la croissance (courbes de croissance poids, taille, IMC) 
  • Prescrire les premiers examens (bilan biologique…) 
  • Corriger les carences nutritionnelles (fer, vitamines…) 
  • Orienter vers d’autres spécialistes si nécessaire

Il surveille le poids, la croissance et l’état général, recherche d’éventuelles complications, des critères d’hospitalisation et coordonne l’orientation vers les soins spécialisés. Il poursuit le suivi de l’enfant en partenariat avec les autres professionnels de santé. 

Pour en savoir plus, vous pouvez lire : Modification du comportement alimentaire : que faire ? 


  • Confirmer le diagnostic de TCA et le préciser
  • Évaluer la souffrance psychique associée
  • Repérer et prendre en charge les troubles associés (anxiété, dépression, TOC…)
  • Prescrire un traitement médicamenteux si nécessaire
  • Prescrire des psychothérapies 
  • Choisir la modalité de soins la plus adaptée (consultations, hospitalisation de jour, hospitalisation complète etc.) 
  • Assurer la surveillance de la croissance conjointement avec le médecin traitant (généraliste ou pédiatre) 

Il réalise une évaluation psychiatrique, repère les signes de gravité et construit un projet de soins individualisé avec l’équipe et la famille. 

Pour en savoir plus sur le repérage des TCA de l’enfant, vous pouvez lire les fiches CléPsy suivantes : 
Anorexie mentale : repérage et prévention 
L’ARFID : c’est quoi ? 
Qu’est-ce qu’un accès hyperphagique ? 


  • Accompagner l’enfant et sa famille dans la prise en charge psychothérapeutique
  • Participer à l’éducation thérapeutique 
  • Travailler sur les pensées, émotions et comportements liés à l’alimentation
  • Prendre en charge les troubles associés : anxiété, dépression, TOC, trouble du spectre de l’autisme… 

Les prises en charge reposent essentiellement sur : 

La TCC ou la TCC-E (Thérapie Cognitivo-Comportementale et Emotionnelle), qui aide à travailler sur les comportements alimentaires problématiques, les peurs alimentaires (émétophobie, phagophobie), l’anxiété, les préoccupations corporelles, la dysmorphophobie et soutient la motivation au changement. 

La thérapie familiale, qui aide les parents à soutenir activement la réalimentation tout en réduisant tensions et culpabilité, puis accompagne progressivement le retour à l’autonomie alimentaire de l’enfant lorsque l’état s’améliore. 

Pour en savoir plus, vous pouvez lire les fiches suivantes : 
Emétophobie (peur de vomir) et phagophobie (peur de s’étouffer) que faire ? 
Anorexie mentale : rôle de la thérapie familiale ? 


Le diététicien accompagne la rééducation alimentaire et nutritionnelle, dans une approche progressive et bienveillante. 

Il/elle : 

  • évalue les habitudes et apports alimentaires
  • construit une feuille de route alimentaire personnalisée 
  • travaille la normalisation progressive des portions, la diversification alimentaire et la diminution des évitements 
  • donne des conseils pratiques pour les repas à domicile et à l’école

Son travail s’intègre souvent aux programmes d’Éducation Thérapeutique du Patient , avec des groupes pour les parents, des repas thérapeutiques ou des ateliers cuisine, qui permettent de renouer progressivement avec l’alimentation et le plaisir de manger. 

Vous vous posez des questions sur les besoins nutritionnels de votre enfant ? Nous vous invitons à lire la fiche :  Comprendre les besoins nutritionnels de mon enfant de 6 à 15 ans.



Les IDE et IPA assurent un accompagnement quotidien et coordonnent le suivi de soins

Ils/elles : 

  • surveillent l’état de santé physique, psychique et nutritionnel
  • dispensent les médicaments et les soins infirmiers
  • accompagnent les prises alimentaires 
  • soutiennent les familles 
  • interviennent en ambulatoire, en hôpital de jour, en hospitalisation complète
  • participent aux programmes d’Éducation Thérapeutique du Patient afin d’aider les patients et les familles à mieux comprendre la maladie et à repérer les signaux d’alerte
  • travaillent au quotidien épaulées par les aides-soignants et auxiliaires de puériculture.


En hospitalisation à temps plein ou en HDJ, l’éducateur spécialisé accompagne l’enfant ou l’adolescent dans la reprise progressive d’un quotidien structuré afin de soutenir le développement du jeune. 

 Il/elle : 

  • propose des activités ou des entretiens permettant de restaurer la confiance en soi, les relations aux autres et les repères du quotidien, tout en aidant le jeune à retrouver des centres d’intérêt en dehors des préoccupations alimentaires
  • travaille en lien avec l’équipe soignante à la mise en place de stratégies psycho-éducatives pour réduire les comportements problèmes (par exemple : l’activité physique problématique) et contribue à préparer progressivement le retour à la vie familiale, scolaire et sociale
  • accompagne les parents (conseils éducatifs, soutien à la parentalité) 
Pour en savoir plus, sur l’activité physique problématique vous pouvez lire : Activité Physique Problématique, la repérer et l’accompagner (mettre le lien) 


L’ intervention de ce pédiatre est très utile en particulier pour : 

  • surveiller l’impact du trouble sur la croissance
  • suivre le développement pubertaire lorsqu’il est retardé ou interrompu
  • surveiller la minéralisation osseuse et prévenir les complications osseuses
  • rechercher et traiter d’éventuelles maladies associées au TCA


Il/elle intervient en cas de symptômes digestifs persistants afin : 

  • d’évaluer douleurs, reflux ou troubles du transit
  • d’éliminer ou traiter une pathologie digestive associée au TCA, comorbidité ou complication 


Certains enfants avec ARFID sélectif et ou restrictif présentent des difficultés alimentaires, liées à une hyper ou hyposensibilité sensorielle, à des expériences alimentaires négatives ou à des difficultés motrices de la sphère bucco-faciale. 

L’orthophoniste : 

  • évalue mastication, déglutition et tolérance sensorielle
  • aide l’enfant à élargir progressivement son répertoire alimentaire
  • travaille la désensibilisation sensorielle et la flexibilité autour des repas, en lien avec les parents et l’équipe soignante
Pour en savoir plus : 
Vidéo CléPsy ARFID : le rôle de l’orthophoniste


L’assistant(e) social(e) aide la famille dans les démarches administratives et l’accès aux aides lorsque la prise en charge devient longue ou complexe. 

Il/elle peut : 

  • aider à constituer un dossier auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) pour aider à la mise en place d’aménagements scolaires et/ou d’aides financières si cela est nécessaire
  • informer sur l’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP)
  • aider à obtenir des aides financières exceptionnelles, notamment lors d’hospitalisations longues et éloignées du domicile 
  • intervenir dans le cadre de la protection de l’enfance

Son rôle est de limiter les difficultés matérielles afin que la famille puisse se concentrer sur le rétablissement de l’enfant et de protéger les enfants

Pour en savoir plus vous pouvez lire les fiches suivantes : 
MDPH, des conseils pour vous aider avec le dossier 
  Allocation Journalière de Présence Parentale


Le dentiste intervient pour : 

  • Dépister et traiter les atteintes dentaires liées aux vomissements répétés ou aux carences nutritionnelles ou au Pica ou au mérycisme (érosion de l’émail, caries, hypersensibilité)
  • Conseiller sur les soins bucco-dentaires adaptés pour protéger les dents
  • Assurer un suivi régulier afin de prévenir les complications dentaires liées au trouble des conduites alimentaires
Pour en savoir plus, vous pouvez lire les fiches CléPsy suivantes : 
–   Fiches sur les vomissements et conduites compensatoires
  Fiche sur le Pica : Mon enfant mange des choses qui ne se mangent pas : que faire ? 
–   Fiche sur le mérycisme : Mon enfant rumine sa nourriture : que faire ? 

La réussite des soins repose en grande partie sur une bonne coordination entre professionnels et sur une communication régulière avec la famille facilitée par une bonne alliance thérapeutique. Généralement, l’un des médecins coordonne le parcours de soin et recommande les prises en charge les plus adaptées à chaque étape du parcours de soin de l’enfant, en prenant en compte les comorbidités et l’offre locale de soins. 

Vous êtes des acteurs essentiels de l’amélioration de la santé de votre enfant. Votre soutien quotidien, notamment lors des repas, et votre collaboration avec l’équipe de soins sont déterminants. 

N’oubliez pas de prendre soin de vous. Vous pouvez lire ou relire la fiche : Prendre soin de soi lorsqu’on prend soin des autres 

Messages clés 
La prise en charge est pluridisciplinaire. 
Elle est centrée sur l’enfant et sa famille. 
Les soins sont adaptés à chaque situation et la pertinence de la modalité de soins est réévaluée périodiquement. 
Un suivi régulier est indispensable sur les plans pédiatrique, psychiatrique, psychologique et nutritionnel. 


Consultez nos autres fiches ici

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Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).