Mon enfant n’arrive pas à s’endormir sans moi : que faire ?

Rédigé par Dr Alicia Cohen, Dr Vincent Trebossen (Pédopsychiatre), Ana Louvel (Psychologue)

Anxiété et troubles de l'humeur
Sommeil

La  fiche Pourquoi mon enfant n’arrive pas à s’endormir sans moi ? vous a peut-être aidé à comprendre pourquoi, malgré vous, votre enfant était devenu dépendant de vous pour s’endormir;  vous avez possiblement identifié ce cercle vicieux dans lequel vous êtes pris avec votre enfant et qui l’empêche de s’autonomiser pour l’endormissement. 

Nous vous proposons, dans cette nouvelle fiche, un plan pour essayer d’enrayer ce cercle vicieux et rétablir le sommeil de votre enfant.

Apprendre à s’endormir à un enfant implique un investissement de la part des parents (en temps, en énergie et en patience) mais, une fois que cet apprentissage sera fait, leurs habitudes de sommeil seront installées. Il est préférable d’essayer ce plan lorsque vous aurez le temps et l’énergie pour qu’il fonctionne. Ne vous sentez pas obligé de mettre en place tous les points mentionnés en même temps, commencez par ce qui vous semble réalisable et ce que vous pensez pouvoir maintenir dans le temps. 

L’accompagnement vers l’autonomie et la mise en place des règles  doit être progressif sur plusieurs semaines. L’idée est d’avancer “étape par étape” dans l’installation de nouvelles routines de comportement qui vont améliorer le sommeil. Par exemple, si pour votre enfant il est difficile de manger un repas léger le soir, vous pouvez diminuer peu à peu les portions ou choisir  avec lui un repas équilibré en avance, pour qu’il puisse anticiper.

 

ETAPE 1:  Mise en place de règles d’hygiène du sommeil 

 

Les règles hygiéniques de sommeil restent la base de tout sommeil de qualité. 

 

  • Privilégiez un  repas plutôt léger le soir et le plus éloigné possible de l’heure du coucher. Évitez les boissons contenant de la caféine pendant le repas (comme le coca-cola par exemple). 
  • Une luminosité plutôt douce est recommandée dans la chambre de votre enfant. S’il ne souhaite pas être dans le noir complet, vous pouvez lui installez une petite veilleuse qui restera allumée toute la nuit. Il est important de marquer le moment du réveil le matin avec la lumière du jour en ouvrant les volets. 
  • Minimiser le bruit et les températures excessives dans sa chambre. 
  • La température corporelle doit diminuer dans l’heure précédant l’endormissement. Cependant, le bain n’est pas contre-indiqué avant d’aller au lit (car la température corporelle diminue juste après la sensation de chaleur du bain ou de la douche).
  • Choisissez un matelas et des oreillers confortables pour votre enfant .
  • Éviter les siestes en journée (en sachant que la sieste a tendance à disparaître entre 3 et 6 ans, et pour quelques enfants  à 2 ans) .
  • Maintenez des horaires  de coucher et de lever réguliers.  La « grasse matinée » des weekends ne doit pas excéder de deux heures l’horaire de lever habituel.
  • Limitez le temps passé devant les écrans dans la journée et particulièrement près de l’heure de coucher.
  • L’activité physique pendant la journée est un facilitateur de sommeil, mais réalisée trop près de l’heure de coucher, elle peut au contraire être un frein. Veillez à ce que votre enfant termine les activités physiques 2 à 3 heures avant de se coucher.
  • Instaurez un rituel de coucher avant d’aller au lit, à réaliser toujours dans le même ordre. Par exemple: 1)mettre son pyjama/2)aller aux toilettes/3)se laver les mains/4)se brosser les dents/5)lire une histoire/6)se coucher/7)dormir.
  • Fixez une heure jusqu’à laquelle il a le droit de jouer calmement. 
  • Responsabilisez votre enfant pour mettre fin au temps de jeu. Une alarme, ou une horloge visuelle (time-timer) peuvent aider votre enfant à savoir quand il doit arrêter cette activité plaisante, ou quand doit-il passer à l’étape suivante de sa routine (“rituel du coucher”).

 

Source

 

 

ETAPE 2:  Apprentissage de l’endormissement en autonomie 

  • Rassurez votre enfant sur ses capacités à s’endormir seul, que vous n’avez pas de doute sur le fait qu’il va forcément y arriver petit à petit. 
  • Concernant les peurs et l’anxiété de votre enfant, essayez de l’écouter de façon bienveillante, sans tenter de le convaincre que ce qu’il dit est impossible ou illogique. S’il vous fait savoir qu’il a peur des fantômes, des voleurs ou des monstres, favorisez des réponses comme « je vois bien que ce sujet t’inquiète » plutôt que « ça n’a pas de sens, ce personnage n’existe pas dans la vraie vie».  
  • Instaurez un rituel pour le temps que vous allez passer avec lui dans sa chambre avec une durée fixe, une sorte de contrat entre vous et votre enfant. Par exemple: Rituel quotidien de 15 minutes avec lui pour la lecture d’une histoire, un câlin puis un bisou et vous sortez de la chambre.
  • Vous pouvez vous-même lui lire l’histoire (fiche « Lire une histoire à son enfant : des astuces pour un moment privilégié » ) ou il peut la lire lui-même si il est lecteur pendant que vous restez près de lui.
  • Pour les premiers jours, vous pouvez rester un temps supplémentaire avec lui, une fois que le temps de partage dans sa        chambre est terminé. D’abord assis sur son lit, puis sur une chaise que vous disposerez de plus en plus loin de son lit chaque jour jusqu’à être en dehors de la chambre.
  • Si vous avez besoin de revenir dans la pièce pour rassurer votre enfant, essayez d’attendre chaque fois un peu plus longtemps et faites des visites les plus courtes possibles. Limitez les contacts physiques et verbaux pendant ces visites.

 

Avec la mise en place des règles d’hygiène de sommeil, ainsi qu’avec votre accompagnement bienveillant, votre enfant réussira à passer des moments de plus en plus longs sans vous appeler. Ill se prouvera à soi même qu’il est capable de mieux gérer ses émotions, ainsi que capable de retrouver le sommeil en autonomie. Ces succès vont renforcer sa motivation, ce qui maintiendra ses efforts facilitateurs d’une meilleure qualité de sommeil.

 

Bibliographie :

-Denis, H. (2017). Traiter les troubles anxieux chez l’enfant et l’adolescent. Du diagnostic à la prise en charge. Dunod : Malakoff.

-Lanvegin, Brigitte (2014). Sommeil. La boîte à outils. Stratégies et techniques pour bien dormir. Les Editions de Mortagne: Boucherville (Québec)

-Vera, L. (2014). TCC chez l’enfant et l’adolescent. (2ee ed). Issy les Moulineaux : Elsevier Masson.

 

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